De la fondation à nos jours

 
A l'origine, des musiques militaires
 
Au cours du XIXe siècle, de nombreuses musiques militaires se fondent dans les localités du canton. Il s'agit, en fait, de sociétés semi-civiles, semi-militaires comme celles d'Orbe (créée en 1801), d'Yverdon (1803), de Ste-Croix (1804). D'autres suivront, dont les existences sont soumises à diverses lois qui permettent aux musiciens d'être déchargés du service militaire usuel. En 1874, cependant, la nouvelle Constitution marque la fin de toutes les sociétés militaro-civiles d'arrondissement. Plusieurs fanfares entièrement civiles existaient bien avant cette date. Cependant, bon nombre de sociétés actuelles sont nées entre 1875 et 1905.
 
S'unir pour défendre les intérêts communs
 
A l'image de ce qui se passe dans d'autres cantons (Fribourg, Valais, plusieurs cantons de Suisse alémanique), le président de l'Union instrumentale de Lausanne, Ernest Rossat, convoque 27 sociétés de musique du canton de Vaud. Les délégués se réunissent le dimanche 11 septembre 1892 dans la salle du Conseil communal de Lausanne et décident de créer la Société cantonale des musiques vaudoises, avec pour but premier de défendre les intérêts de ses membres. A cette époque, il n'était en effet pas rare de voir les organisateurs de manifestations officielles faire appel à des fanfares allemandes.
 
Des concours pour progresser
 
En 1893, déjà, la décision est prise d'organiser une réunion des musiques. Lausanne est retenue pour cette première manifestation qui prend la forme d'un grand concert d'ensemble à la Cathédrale, en présence d'un jury qui est prié par le comité central d'"éviter les appréciations ironiques". Malheureusement, un gros déficit ternit le plaisir ressenti durant la fête, que les sociétés participantes, au nombre de 17, devront éponger. Plusieurs démissionneront. Mais le virus n'a pas disparu et la formule du concours est retenue pour 1894 déjà, car, selon le président Rossat, cette formule "serait un stimulant plus fort pour les sections qu'une simple réunion-concert". Ils se poursuivent aujourd'hui encore.
 
Une seconde naissance
 
Après avoir fait partie d'une éphémère Fédération romande des musiques, la SCMV demande officiellement son admission à la Société fédérale des musiques (aujourd'hui AFM). Le but est, en particulier, de bénéficier des subsides alloués par la Confédération. C'est chose faite le 1er janvier 1928 et cela constitue une seconde naissance. Cette adhésion permet à la SCMV de proposer les cours de direction créés par l'AFM dans le but "d'assurer aux corps de musique suisses des chefs capables et dûment instrumentés". C'est ainsi qu'en 1935, 20 musiciens de la SCMV suivent un cours au Conservatoire de Lausanne, subventionné par l'AFM.
 
Le problème de la relève
 
En 1942, l'inauguration du nouveau drapeau et les festivités du cinquantenaire de la SCMV se déroulent "sous une forme simple et digne" et la Société cantonale continue d'accueillir de nouvelles sections. Pourtant, dès la fin de la guerre, on a nettement l'impression que les sociétés vieillissent, que la relève ne se fait plus. Des cours de formation et de perfectionnement ont lieu, avec l'aide financière de l'Etat. Mais les responsables se plaignent d'un manque de motivation, aussi bien pour les concours que pour les cours.
 
Jeunesse: formation et espoir
 
Durant les 30 dernières années, on constate un magnifique rajeunissement de nombreuses sociétés, alors que d'autres, malheureusement, doivent "raccrocher" leurs instruments. Le niveau de formation des directeurs et des instrumentistes n'a jamais été aussi bon. Le choix de morceaux est très vaste. La volonté de s'adapter à une musique plus intéressante pour nos jeunes est bien réelle. Des filles et des garçons participent activement à la vie des sociétés, se battent pour des programmes modernisés, se pressent pour participer à nos camps. Ils sont notre chance et notre avenir. Les écoles s'organisent et des examens sont proposés par la SCMV. En 2012, le canton de Vaud s'est doté d'une loi sur les écoles de musique (LEM), qui définit principalement les règles pour un subventionnement cantonal des écoles de musique. Le succès du scrutin de l'arrêté fédéral sur la promotion de la formation musicale des jeunes prouve que le besoin est reconnu par la population.
 
Avenir en couleurs
 
Forte aujourd'hui de 99 sections, la SCMV travaille pour proposer aux musiciennes et musiciens des activités et des manifestations pour une meilleure visibilité de notre art. En 2016, la Fête fédérale des musiques s'est déroulée à Montreux. En 2017, le 125e anniversaire de notre association a été fêté dignement avec l'inauguration de notre nouvelle bannière cantonale.